Claude Trudel et la dimension participative de la démocratie municipale montréalaise

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  • Travail préparé par Simon Savignac
  • Note de mise en contexte (conférencier-ère invité-e)

Né à Montréal le 2 mars 1942, Claude Trudel 1.Biographie de Claude Trudel. Récupéré de http://claudetrudel.com/claude-trudel/ est diplômé en droit de l’Université de Montréal et titulaire d’une maîtrise en administration publique de la London School of Economics and Political Science. Sa carrière politique s’amorça dès 1970 à titre de chef de cabinet adjoint du premier ministre Robert Bourassa. Après avoir entre autres occupé le poste de sous-ministre adjoint des affaires culturelles de 1976 à 1979, ce n’est qu’en 1985 qu’il fit le saut en politique active et fut élu député de la circonscription de Bourget sous la bannière du Parti libéral du Québec.

En 1989, M. Trudel quitta la vie politique durant près de 17 ans, où il mit son expertise à profit dans le secteur privé, notamment en tant que directeur de Québec Livres, vice-président en développement des affaires chez BDDS et ensuite associé dans Publisanté Inc. L’année 2001 marquera son retour dans la politique active, où il fut élu conseiller de ville de l’arrondissement Verdun au sein de l’équipe du maire Gérald Tremblay, pour ensuite être élu maire de l’arrondissement en 2005. Il fut un acteur important au sein de l’administration, où il a notamment occupé la charge de Président du conseil d’administration de la STM, membre du comité exécutif responsable de la sécurité publique et Président de la Commission de la sécurité publique.

Parallèlement à ses occupations officielles, Claude Trudel fut très impliqué dans sa communauté, notamment en tant que président du conseil d’administration du Centre hospitalier Sainte-Jeanne d’Arc de Montréal, président de la Société de développement du livre et périodique ainsi que membre du Conseil des Arts de la Communauté urbaine de Montréal (1980 – 1987), où il fut également membre de son comité exécutif (1982 – 1986).

À la lumière de ce parcours professionnel peu orthodoxe qui rallie sphère publique, secteur privé et participation citoyenne, comment l’homme qu’est Claude Trudel perçoit la dimension du concept de démocratie participative au sein de nos institutions constituées autour des principes de la démocratie représentative?

Ceci dit, il faut d’abord se questionner sur les principaux fondements qui caractérisent la volonté des décideurs élus «démocratiquement» à instaurer des mécanismes de décentralisation visant à encourager la participation citoyenne et, dans certains cas, jusqu’à les institutionnaliser.

  • Cette volonté est-elle fondée sur les notions de confiance et de légitimité qu’accorde la société civile envers nos institutions?
  • Quelles sont les limites sociopolitiques d’une participation accrue de la société civile (expérience, intérêt, expertise)?
  • Quelles sont les limites organisationnelles et budgétaires de l’apport du modèle «participatif»?

Bien que nous puissions certes remettre en question le processus électoral actuel, il faut également revenir à la nature même du modèle de démocratie représentative, où le processus décisionnel et la gouvernance reposent entre les mains d’un groupe d’individus auxquels nous avons collectivement accordé notre confiance et qui ont choisi d’assumer cette responsabilité. Considérant ce principe propre à notre système actuel, les notions d’engagement, d’imputabilité et d’efficience sont cruciales.

La mise en place d’un budget participatif2.Critique de la démocratie participative montréalaise : De la gouvernance métropolitaine à la gestion de proximité. Jonathan Durand Folco. Récupéré de http://ekopolitica.blogspot.ca/2013/11/critique-de-la-democratie-participative.html au Plateau-Mont-Royal pourrait être un exemple d’inefficience liée à l’institutionnalisation du modèle participatif. Bien que l’objectif fut très louable, l’implantation d’un long processus consultatif impliquant la mobilisation de nombreuses ressources et qui réussit seulement à impliquer 0,02 % de la population concernée, était-elle véritablement pertinente?

Bref, l’apport accru de la participation citoyenne dans le processus décisionnel ne devrait-il pas être considéré autrement qu’en une réponse systématique au cynisme et à la méfiance qui règne à l’endroit de nos institutions? Devrait-on plutôt revoir les mécanismes de transparence et de reddition de compte afin de rétablir la confiance?

Sources et références   [ + ]

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